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Comment cumuler les statuts de salarié et de micro-entrepreneur ?

Un salarié peut cumuler son emploi avec le statut de micro-entrepreneur ou d’auto-entrepreneur. Certaines règles ou conditions doivent néanmoins être respectées

Obligation de loyauté et de fidélité

Le salarié est soumis à une obligation de loyauté et de fidélité envers votre employeur, même sans clause prévue en ce sens dans le contrat de travail. Cette obligation est elle-même composée de plusieurs obligations accessoires, notamment :

  • Obligation de discrétion et de confidentialité : le salarié ne doit par exemple pas divulguer le savoir-faire de l’employeur ou d’eventuelles d’informations secrètes (financières, commerciales...)

  • Obligation générale de ne pas nuire aux intérêts de l’employeur

  • Obligation de non concurrence : pendant le cours de son contrat de travail, le salarié ne peut pas créer une entreprise dont l’activité génère une concurrence avec son employeur.

Cette obligation de loyauté et de fidélité doit être respectée pendant toute la durée du contrat de travail.

 Ã€ noter

Le contrat de travail peut également prévoir une clause expresse de non-concurrence ou de confidentialité : dans ce cas, l’obligation s’impose au salarié même après la fin de son contrat de travail

 Exemple

Vous êtes salarié d'une épicerie et vous souhaitez créer votre entreprise.

Vous ne pourrez pas créer une épicerie, en revanche vous pourrez créer n'importe quel autre type de commerce (boulangerie, boutique de vêtements, pressing...).

Clause d'exclusivité

Lorsque le salarié est embauché à temps plein, il est possible de prévoir une clause d'exclusivité directement dans le contrat de travail (cela n’est en revanche pas possible en présence d’un salarié à temps partiel).

Le salarié n’ a alors pas le droit d’exercer une activité professionnelle accessoire, et ne peut donc cumuler son statut de salarié avec celui de micro-entrepreneur.

 Ã€ savoir

Certains cumuls d’emplois peuvent parfois être conditionnés à une autorisation préalable de l’employeur voire même interdits en vertu de conventions ou d’accords collectifs de travail.

Par exemple, les salariés créant une micro-entreprise dans le secteur de l’artisanat (et soumis au régime micro-social) ne peuvent exercer auprès des clients de leur employeur sans l’accord de ce dernier.

Plus d’informations sont disponibles sur la page «À quelles conditions un salarié peut-il cumuler plusieurs emplois ? »

Référence : Code du travail : article L1222-1 Référence : Code du travail : article L1222-5 Référence : Code de l'artisanat : article L131-1
Quelles sont les conditions à remplir pour cumuler les statuts de salarié et de micro-entrepreneur ?

Concernant le contrat de travail

Le cumul du statut de micro-entrepreneur avec celui de salarié n’est possible que si toutes les conditions suivantes sont réunies :

  • Le contrat de travail ne doit pas comporter de clause d'exclusivité.

  • L’activité de micro-entrepreneur ne doit pas créer une concurrence avec l’activité salariée.

  • L’activité de micro-entrepreneur doit être exercée en dehors du temps de travail salarié.

Attention

Si le salarié ne respecte pas ces conditions, il encourt un licenciement pour faute lourde ou faute grave.

Concernant la micro-entreprise

L’activité d’une micro-entreprise peut être de différentes natures :

  • Activité commerciale (uniquement si l’entrepreneur est majeur ou mineur émancipé)

  • Activité artisanale

  • Activité libérale réglementée si l’entrepreneur réunit les conditions propres à l'activité envisagée

  • Activité libérale non réglementée

Par ailleurs, le salarié ne peut être soumis au statut de la micro-entreprise (régimes micro-fiscal et micro-social) que si son CAHT ne dépasse pas les seuils applicables à son activité.

Ces seuils sont détaillés sur la fiche dédiée au régime fiscal de la micro-entreprise.

Quelles sont les conséquences du cumul de statuts sur votre régime fiscal ?

Devenir micro-entrepreneur s’accompagne notamment d’obligations déclaratives supplémentaires.

Déclarations périodiques de chiffre d’affaires

Le micro-entrepreneur doit déclarer le chiffre d'affaires (CAHT) issu de son activité : cette déclaration est réalisée tous les mois (par défaut) ou tous les 3 mois (sur demande). Ce CAHT est imposé selon le régime micro-fiscal.

La déclaration doit être effectuée auprès de l’Urssaf :

Déclarer en ligne son chiffre d'affaires de micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) et payer ses cotisations sociales

Urssaf

Déclaration annuelle de revenus

En plus de déclarer ses revenus de salarié dans la catégorie traitements et salaires, le micro-entrepreneur doit également déclarer son chiffre d'affaires annuel dans la catégorie des micro-BIC ou des micro-BNC, selon l’activité exercée.

Le salarié / micro-entrepreneur doit déposer chaque année sa déclaration de revenus en se connectant à son espace Finances publiques sur le site impots.gouv.fr.

Impôts : accéder à votre espace Finances publiques

Ministère chargé des finances

Référence : Code général des impôts : article 50-0
Quelles sont les conséquences du cumul de statuts sur votre régime social ?

Paiement de cotisations et contributions sociales

Le micro-entepreneur est soumis au régime micro-social : il paie des cotisations et contributions sociales sur le chiffre d'affaires réalisé dans le cadre de sa micro-entreprise.

Le simulateur suivant permet d'évaluer le montant de ces cotisations et contributions :

Simulateur de revenus pour les indépendants

Urssaf

Ce simulateur permet de calculer le montant des cotisations sociales d’un travailleur indépendant.

Le paiement de ces cotisations et contributions sociales est effectué auprès de l’Urssaf, en même temps que la déclaration périodique de revenus. :

Déclarer en ligne son chiffre d'affaires de micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) et payer ses cotisations sociales

Urssaf

Régime social applicable

En tant que salarié et micro-entrepreneur, vous cumulez 2 statuts sociaux. Il cotiseà la fois en tant que salarié (prélèvement sur le salaire) et en tant que micro-entrepreneur (prélèvement sur le chiffre d'affaires).

En revanche, les droits aux prestations sont ouverts dans le régime de l'activité exercée avant le cumul des statuts. Ainsi, si le salarié démarre une activité de micro-entrepreneur, le versement de ses indemnités sera fait selon le régime général des salariés. En revanche, si un micro-entrepreneur décide de débuter cumulativement une activité salariale, ce sera le régime social des travailleurs indépendants qui s'appliquera.

 Ã€ savoir

Il est possible d’opter pour l'application de l'autre régime.

Référence : Code de la sécurité sociale : article L171-1-2 Référence : Code de la sécurité sociale : articles L613-7 à L613-10

Règle présente dans un contrat de travail interdisant à un salarié d'avoir une activité rémunérée à son compte ou pour le compte d'un autre employeur pendant la durée de son contrat.

Action du salarié commise dans l'intention de nuire à l'employeur. Exemples : détruire volontairement la voiture de l'entreprise, tenir des propos malveillants sur son employeur en incitant les clients à s'adresser à un concurrent.

Manquement aux obligations du salarié qui rend impossible son maintien dans l'entreprise. Exemples : vol, refus d'exécuter des tâches prévues au contrat, abandon de poste.

Jeune âgé de 16 à 18 ans qui a obtenu par le juge les mêmes droits qu'une personne majeure avec l'accord de ses parents

Profession dont l'exercice est soumis à autorisation et/ou à la possession d'un diplôme ou d'une formation spécifique : avocat, chirurgien-dentiste, expert-comptable, etc.

Profession qui n'est ni commerciale, ni artisanale, ni agricole, qui ne figure pas sur la liste des professions réglementées et qui n’est pas organisée en ordre professionnel (par exemple : avocat, architecte, etc.). Il s'agit généralement d'activités intellectuelles, techniques ou de soins. Par exemple les professions suivantes : guide conférencier, sophrologue, coach sportif, formateur, consultant.

Professionnel qui exerce de manière autonome et en son nom une activité économique (commerciale, artisanale, agricole ou libérale). Il peut exercer son activité sous plusieurs formes juridiques : micro-entrepreneur, entrepreneur individuel (EI) ou société.

Chiffre d'affaires hors taxes

Bénéfices industriels et commerciaux

Bénéfices non commerciaux

Textes de reference
Code du travail : article L1222-1
Legifrance
Fondement de l’obligation de loyauté et de fidélité
Code du travail : article L1222-5
Legifrance
Clauses d’exclusivité
Code de l'artisanat : article L131-1
Legifrance
Accord préalable de l’employeur en cas de cumul avec une activité artisanale auprès de la même clientèle
Code général des impôts : article 50-0
Legifrance
Régime fiscal des micro-entreprises
Code de la sécurité sociale : article L171-1-2
Legifrance
Cotisation au régime social de chaque actvité exercée
Code du travail : articles L1222-1 à L1222-5
Clause d'exclusivité et devoir de loyauté